Vendre son hôtel : faut-il céder les murs, le fonds, ou bien les deux ?
Lorsqu’un propriétaire hôtelier entame une réflexion sur la cession de son établissement, une question surgit rapidement — et elle est souvent mal anticipée : doit-on vendre les murs, le fonds de commerce, ou les deux ensemble ?
Cette décision conditionne le profil des acquéreurs ciblés, le montant de la transaction, la fiscalité applicable et votre situation patrimoniale à long terme. Elle mérite d’être posée tôt, avant même d’entrer en phase de commercialisation.

Murs et fonds ensemble : la transaction globale
La cession en bloc — murs immobiliers et fonds de commerce réunis — est la formule la plus simple à mettre en œuvre. Elle s’adresse aux acquéreurs qui souhaitent prendre le contrôle total de l’actif : groupes hôteliers, opérateurs à la recherche d’une implantation clé en main, investisseurs institutionnels.
Ses avantages sont réels : process de négociation unifié, séduction plus forte auprès des family offices et fonds d’investissement qui recherchent des actifs complets, et valorisation globale souvent perçue comme premium sur le segment 4 et 5 étoiles.
Son inconvénient principal : le prix d’acquisition total est plus élevé, ce qui réduit mécaniquement le nombre d’acquéreurs potentiels. Sur la Côte d’Azur, les hôtels de moins de 30 chambres sont le plus souvent cédés de cette façon, car les profils d’acheteurs sur ce segment sont majoritairement des indépendants ou des primo-investisseurs qui veulent un ensemble complet.
La séparation murs / fonds : un levier patrimonial sous-estimé
L’autre option consiste à céder uniquement le fonds de commerce — c’est-à-dire l’activité hôtelière : la clientèle, les contrats, la marque, les équipements d’exploitation — tout en conservant les murs dans votre patrimoine, généralement via une SCI.
Sur le plan patrimonial, vous continuez à percevoir des revenus locatifs sur un actif immobilier que vous détenez, tout en vous dégageant de la contrainte opérationnelle de l’exploitation hôtelière.
Sur le plan fiscal, la cession du seul fonds de commerce est souvent plus avantageuse que la vente globale, notamment sur le traitement des plus-values. Un point à travailler impérativement avec votre expert-comptable et votre conseil juridique en amont.
Sur le plan commercial, séparer les deux éléments élargit le champ des acquéreurs potentiels : vous pouvez cibler des exploitants hôteliers qui n’ont pas les capacités financières pour acquérir également les murs, mais qui sont tout à fait solides pour reprendre un fonds de commerce.
Sur la Côte d’Azur, les établissements de plus grande taille — au-delà de 30 à 40 chambres — font régulièrement l’objet de ce type de montage, qui permet d’optimiser à la fois le prix et la rapidité de la transaction.
Ce que scrutent les acquéreurs dans tous les cas
Quelle que soit la structure retenue, les acquéreurs sérieux — et leurs conseils — analysent systématiquement les mêmes indicateurs :
La dépendance aux OTA. Les commissions versées à Booking, Expedia et consorts (entre 15 et 25 % du chiffre d’affaires chambres) réduisent mécaniquement l’EBE et pèsent sur la valorisation du fonds. Un rééquilibrage vers les canaux directs avant une cession est toujours un levier de valeur.
L’EBE retraité. La valorisation d’un fonds de commerce hôtelier repose sur un multiple de l’Excédent Brut d’Exploitation — généralement entre 6 et 9 fois selon la localisation et le positionnement. Sur la Côte d’Azur, dans le segment haut de gamme, ces multiples peuvent être significativement supérieurs.
Le bail commercial. Dans le cas d’une cession fonds seul, la durée résiduelle, les conditions du bail et les relations avec le bailleur sont des éléments déterminants pour rassurer l’acquéreur sur la pérennité de l’exploitation.
Notre conseil : décidez avant de commercialiser
La structure de cession n’est pas un détail à régler en cours de négociation. C’est un choix stratégique qui doit être arrêté en amont, idéalement avec l’appui d’un intermédiaire spécialisé, d’un expert-comptable et d’un conseil juridique.
Chez Trade Conseil, nous guidons nos clients propriétaires dans cette réflexion dès le premier échange — avant même d’entrer en phase de valorisation. Notre connaissance fine du marché local et notre réseau d’acquéreurs qualifiés sur la Côte d’Azur nous permettent d’orienter chaque dossier vers la structure qui maximise les chances de succès et le prix final.
Vous envisagez de céder votre hôtel ? Contactez-nous pour un premier échange confidentiel.